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La Couleur pourpre (1985)
Synopsis :
L'histoire de deux soeurs, Celie et Nettie, et de leur famille qui a la particularité d'être de couleur noire au cours de la premiere moitie du XXeme siècle dans le sud des Etats-Unis.


Anecdotes :
Le film détient le record du plus grand nombre de nominations aux Oscars sans récompenses: 11.

Le film comporte les premières apparitions à l'écran de Whoopi Goldberg et Oprah Winfrey.

Tina Turner avait décliné le rôle de Shug Avery.

Spielberg regrette amérement de ne pas avoir mis en scène de manière plus directe la relation lesbienne entre Celie et Shug.

Le fils de Spielberg est né pendant le tournage. C'est ses cris qu'on entend lorsque naît le bébé de Celie.


Critique :
On évoque régulièrement La Couleur pourpre comme le premier film "sérieux" de Steven Spielberg, un premier essai abouti à terme avec Empire du soleil et parachevé dans La Liste de Schindler, mais ses précédents films manquaient-ils tant de sérieux? Si Les Dents de la mer et les deux premiers chapitres de la saga Indiana Jones se situent dans un univers de série B (on oubliera Sugarland Express et le récréatif 1941, partiellement ratés), Rencontres du troisième type et surtout E.T. ne manquent pas de témoigner d'un amour pour le sujet et d'une certaine maturité quant à un genre généralement catalogué comme "infantile".

Peut-être est-ce pour répondre à ce blâme implicite qu'il fait suivre au puéril (mais non moins réussi) Indiana Jones et le Temple Maudit, l'adaptation d'un roman d'Alice Walker décrivant le parcours d'une jeune femme afro-américaine séparée de force de sa sœur et mariée à un époux tyrannique dans l'Amérique du début du siècle.

On pourra s'interroger longtemps sur les raisons qui ont poussé le réalisateur à choisir de retranscrire ce roman à l'écran. Si la jeune Celie persécutée se rapproche des figures d'enfants chéries par l'auteur, le triste destin du personnage semble à des kilomètres de ses histoires de prédilection. Ceci explique probablement pourquoi l'on sent le metteur en scène mal à l'aise dès les premières images.

Peu inspiré par le sujet ou bien désireux de changer quelque peu son style, Spielberg signe un film bancal, inégal. Se reposant par moments sur une forme plus sobre, ayant moins recours à l'effet direct, le film perd en émotion mais demeure parcouru de quelques séquences assez fortes, notamment dans le dernier tiers, plus réussi que le reste du métrage.

Esthétiquement et thématiquement moins spielbergien que ses autres films, La Couleur pourpre est tout ce que E.T. et Empire du soleil ne sont pas. Ce n'est pas pour rien que le film détient le record du maximum de nominations aux Oscars sans la moindre récompense et, tout aussi estimable qu'il soit, qu'il restera parmi les titres les moins glorieux du cinéaste.
Robert Hospyan
Titre : La Couleur pourpre
Titre original : The Color Purple
Origines : Etats-Unis, 1985
Durée : 2h34

Réalisation : Steven Spielberg
Production : Steven Spielberg, Kathleen Kennedy, Frank Marshall, Quincy Jones
Scénario : Menno Meyjes, d'après le roman d'Alice Walker
Acteurs : Whoopi Goldberg, Danny Glover, Margaret Avery, Oprah Winfrey, Willard Pugh, Akosua Busia
Photographie : Allen Daviau
Musique : Quincy Jones
Montage : Michael Kahn

Sortie France : 10 Septembre 1986
Sortie Etats-Unis : 18 Décembre 1985

Budget : 15 000 000$
Box-office France : Non communiqué
Box-office Etats-Unis : 98 000 000$
Box-office Monde : Non communiqué

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