Retour à l'accueil
Le Terminal (2004)
Synopsis :
Lorsque Viktor Navorski arrive à l'Aéroport JFK de New York, un coup d'État bouleverse sa petite république d'Europe Centrale, mettant celle-ci au ban des nations et faisant de Viktor un apatride. Les portes de l'Amérique se ferment devant lui ainsi que celles de son pays : Viktor est coincé...


Anecdotes :
Une première fin avait été tournée qui montrait Amelia (Catherine Zeta-Jones) partir avec le personnage de Viktor (Tom Hanks). Elle a été retournée au dernier moment pour devenir la conclusion plus sobre qu'on connaît.

Le film devait à l'origine être mis en scène par Andrew Niccol (Bienvenue à Gattaca, Lord of War).

Bernie Mac (Ocean's eleven) a failli tenir le rôle joué par Chi McBride.


Critique :
Comment fait-il? C'est la première pensée qui vient à l'esprit du spectateur durant la projection du Terminal, une comédie légère qui n'a qu'une ambition récréative pour son réalisateur. Sans aucun doute son film le moins ambitieux depuis Le Monde perdu, et donc en-dessous des cinq bijoux consécutifs qu'il nous avait livrés depuis 1998, le vingt-deuxième film de Steven Spielberg n'en demeure pas moins une franche réussite. L'ouvrage est certes mineur, et pourrait même être vulgairement qualifié d'insignifiant, et pourtant, il y arrive. Dans la moindre scène, au travers de la moindre petite idée, le metteur en scène parvient à faire passer quelque chose. Quelque chose de purement intangible mais de constamment présent. Une légère magie. Une aisance avec laquelle il nous raconte cette histoire simple, touchante. Le Terminal est un film qui ne marquera pas son temps, qui ne marquera même pas sa carrière aux yeux de beaucoup, mais c'est, encore une fois, une preuve du talent sans bornes de son auteur. En un mot, il a toujours la vibe. Même lorsqu'il signe une petite œuvre comme celle-ci. Le film a beau garder un profil bas, il n'en est pas moins riche. De la création d'un univers qui tend vers le surréalisme au message en filigrane, le dernier essai du maître n'est pas avare en idées.

A partir d'un postulat de départ dont on ne semble pas pouvoir tirer grand chose, Spielberg et son équipe, autant artistique que technique, ont su cependant créer un monde à part. Comme son nom l'indique, Le Terminal est principalement articulé autour d'un microcosme, avec ses protagonistes, ses petites intrigues internes, sa vie. Et l'arrivée du personnage de Victor Navorski va apporter une touche fantaisiste (voire fantastique) à cet univers. Déclaré "citoyen de nulle part", l'apatride Navorski (Tom Hanks, encore une fois excellent) n'est pas sans rappeler l'orphelin Jim d'Empire du Soleil, qui découvrait la vie adulte tout comme Navorski découvre l'Amérique, apprenant à vivre par la débrouillardise, se bâtissant sur ses expériences. Le no man's land prend alors des allures presque surréalistes une fois qu'il s'anime autour de ce "citoyen" particulier et qu'il adopte son point de vue. Conservant un pied-à-terre, le récit ne bascule jamais dans l'impossible mais multiplie les situations plus-que-nature, improbables. L'esthétique générale souligne ce sentiment par le biais d'une photographie qui joue sur une lumière saturée et avec une gamme de couleurs vives, presque too much. Mais l'histoire ne se situe pas dans le monde réel, elle se situe dans le Terminal. Les couleurs deviendront de plus en plus chaudes au fur et à mesure que Navorski s'approprie son environnement, initialement semblable à tout autre aéroport, caractérisé par la froideur de ses murs blancs et de ses vitres. A l'instar des champ/contre-champ de l'incompréhension, du heurt, qui laissent petit à petit place aux plans où Navorski et Amelia, l'hôtesse de l'air qu'il courtise, sont unis dans un même cadre. Le personnage central amène ainsi les autres à parler le même langage que lui. Le langage universel commun à tout être humain.

De ce petit Terminal transpire néanmoins une subtile morale, un optimisme cependant réaliste concernant le statut des immigrés aux Etats-Unis, le point de vue des Américains sur les étrangers. Tout tient dans la réplique d'un directeur des services des douanes à son employé: il ne faut pas manquer de compassion envers les gens. Et c'est tout. Jamais cela n'est-il plus soutenu que par cette phrase, furtive, énoncée discrètement par un personnage de troisième plan. Spielberg confronte son personnage à un échantillon des Etats-Unis, représenté par la zone de transit et son melting-pot (un technicien de surface indien, un bagagiste noir, un autre employé Mexicain.), avec lequel il parvient à nouer des liens tandis qu'il échoue dès qu'il s'agit d'Américains. Ce choix n'est pas innocent. Le Terminal est-il un grand film? Non. Un bon film? Oui. Sans être inoubliable, il est parcouru d'instants de grâce. Il faut voir la simplicité avec laquelle Spielberg raconte son histoire. Il s'agit véritablement ici du conteur, celui qui n'a plus rien à prouver mais qui ne peut s'empêcher de tourner. S'il a toujours du mal à gérer la longueur de ses métrages (avec 2h08, ce dernier est son film le plus court depuis Le Monde perdu mais demeure trop long), Steven Spielberg parvient avec toujours autant de maestria à immerger le spectateur dans ses films. Magique.
Robert Hospyan
Titre : Le Terminal
Titre original : The Terminal
Origines : Etats-Unis, 2004
Durée : 2h08

Réalisation : Steven Spielberg
Production : Steven Spielberg, Walter F. Parkes, Laurie MacDonald
Scénario : Jeff Nathanson & Sacha Gervasi d'après une histoire d'Andrew Niccol & Sasha Gervasi
Acteurs : Tom Hanks, Catherine Zeta-Jones, Stanley Tucci, Chi McBride, Diego Luna, Barry Shabaka Henley, Kumar Pallana, Zoe Saldana
Photographie : Janusz Kaminski
Musique : John Williams
Montage : Michael Kahn

Sortie France : 15 Septembre 2004
Sortie Etats-Unis : 18 Juin 2004

Budget : 60 000 000$
Box-office France : Non communiqué
Box-office Etats-Unis : 77 000 000$
Box-office Monde : 218 000 000$

Copyright © 2008 SpielbergNews.com - Tous droits réservés - Contactez-nous